Vision pour  les cinq prochaines années et présidentielle 2025 en Côte d’Ivoire: « Le Président Alassane Ouattara est un exceptionnel bâtisseur »

Kouamé Rémi OUSSOU parle de la candidature de Alassane Dramane OUATTARA

La Côte d’Ivoire travers une période pré-électorale agitée. Alors que le pays tend doucement vers la présidentielle d’octobre 2025, la classe politique est divisée: l’opposition, vent debout, dénonce un quatrième mandat et un jeu d’exclusion. Le quatrième mandat du président Alassane Dramane Ouattara est vu d’un mauvais œil par le camp adverse, pourtant la 3è République lui confère cette légitimité. En exclusivité, l’Enseignant-chercheur au département d’anthologie et sociologie de l’Université Alassane Ouattara -Bouake,Kouamé Rémi OUSSOU, a accordé une interview à Afric’Actualités sur les fondements d’une quatrième candidature de l’actuel président de la République de Côte d’Ivoire.   Pour l’expert en développement professionnel des élèves et étudiants, et membre actif du Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), le Chef de l’État se sent encore d’attaque pour aborder le prochain quinquennat. Il s’emploiera à accélérer la croissance et partager les fruits de cette croissance à travers l’amélioration constante des conditions d’existence et de travail des Ivoiriens, tout en contribuant à resserrer les liens d’entraide et de solidarité entre les Ivoiriens. Mais quel rôle joue l’opposition? Pourquoi tempête-t-elle? Lire l’entretien. 

Journaliste:  La Côte d’Ivoire traverse une période pré-électorale agitée. Donnez-nous votre appréciation de ce climat qui prévaut dans ce pays ?

Kouamé Rémi OUSSOU: Depuis un certain temps, en effet, il a été constaté que la Côte d’Ivoire est en proie à des tensions politiques entre le parti majoritaire, le RHDP, et les formations politiques majeures de l’opposition, qui reprochent à la majorité présidentielle de faire la sourde oreille à ses nombreuses sollicitations pour un dialogue, afin de parvenir à des élections inclusives, transparentes et apaisées. Il faut dire que si ce que l’opposition demande est légitime et justifié, on a parfois le sentiment qu’elle a tendance à exagérer, car en termes de dialogue, ce ne sont pas les initiatives dans le sens de l’apaisement qui ont manqué ou qui manquent. Si on a l’impression que l’opposition s’est montrée insistante ces derniers temps, c’est qu’elle s’est délibérément engagée dans un bras de fer contre le parti au pouvoir. En réalité, l’exclusion de la liste électorale définitive des noms de l’ex président Laurent Gbagbo, président du Parti des Peuples Africains (PPA-CI), du président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI),Tidjane Thiam, de Soro Guillaume, président du Générations et Peuples Solidaires (GPS et de Charles Blé Goudé, président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des Peuples (COJEP) résulte de décisions de justice. Le problème, c’est qu’ils en faire une cause politique,. Et pire, ils veulent s’en servir pour crier à un complot savamment ourdi par le Président Alassane Ouattara pour les écarter. Pendant que, d’un côté, ils devraient le déficit de démocratie, de l’autre, ils veulent faire d’un problème purement judiciaire un contentieux politique. Vous voyez l’amalgame ? Par ailleurs, il y a également le fait que cette opposition papillonne, en ce sens qu’au lieu de maintenir la ligne qu’elle a toujours défendue, c’est-à-dire le dialogue inclusif, elle se fait désormais un point d’honneur de s’opposer au supposé 4ème mandat du Président Alassane Ouattara, depuis que ce dernier a annoncé qu’il sera bel et bien candidat à sa propre succession. Pour autant, nous savons que la Constitution de la 3ème République le lui permet, le seul obstacle étant sa santé. Or, à ce niveau, le Chef de l’État se sent encore d’attaque pour aborder ce quinquennat. Alors, je crois que l’opposition ne fait que brasser du vent.

On le remarque assez. Vous vulgarisez sur les réseaux sociaux les actions du Président de la république de Côte d’Ivoire, Monsieur Alassane Dramane Ouattara. Vous êtes l’un de ses proches militants engagés. Pourquoi avez-vous fait ce choix et pour quel intérêt ?

Je savais que je n’allais pas échapper à cette question. Puisque vous l’avez posée, je m’efforcerai d’être le plus direct et clair possible. Je m’en vais vous dire que ce que vous appelez militantisme engagé est un sentiment que je cultive depuis 1990. En effet, je suis le Président Alassane Ouattara depuis cette année-là, où il avait été dépêché en Côte d’Ivoire pour redresser l’économie. J’étais, alors, en seconde année d’université lorsqu’il supprima nos cars de transport. Sur le moment, j’ai ressenti de la colère, mais avec le recul, j’ai compris que tout le pays était dans une situation d’urgence et que chacun, à quelque niveau de l’échelon social qu’il se trouvait, devait faire des sacrifices, surtout si nous ne voulions passer sous les fourches caudines des institutions de Bretton Woods. Pour le reste, je l’admire beaucoup pour sa vision pragmatique, son extraordinaire capacité à mobiliser de nouvelles ressources et, surtout, à innover, sans parler de sa rigueur dans la gestion des ressources, sans quoi le pays ne serait pas au niveau où il est en ce moment. Pour lui rendre hommage, j’ai publié deux (2) livres sur les transformations techniques et structurelles qu’il a apportées depuis qu’il est aux commandes en tant que président de la République. En outre, j’ai organisé une conférence internationale sur lui en termes d’impact sur l’histoire de la Côte d’Ivoire.

Votre leader est candidat pour un 4ème mandat. N’est-il pas une candidature de trop ?

Après une longue attente, le Président Alassane Ouattara a, en effet, pris la ferme résolution de se représenter pour un autre mandat. C’est d’ailleurs ce que nous autres, militants souhaitions depuis toujours. Et nous nous sommes battus pour que cela arrive. Moi, par exemple, j’ai formé un comité pour le paiement de sa caution. Il s’agissait de réunir 100.000 citoyens qui vont payer la somme de 500f pour couvrir les 50 millions exigés. Nous le souhaitions car le Président Alassane Ouattara est à nul autre président pareil. C’est un bosseur hors-norme. Il y a le fait que c’est la seconde fois qu’il intervient en Côte d’Ivoire à un haut poste de responsabilité : Premier ministre et Président de la République. Et dans les deux contextes, il a hérité de situations de crises ou post-crise qu’il a su vaillamment juguler grâce à son génie politique et à sa politique de gestion rigoureuse. Pour en revenir au prétendu 4ème mandat, je ne crois pas que ce soit un mandat de plus ou de trop, d’autant que le Président Alassane Ouattara est un exceptionnel bâtisseur. C’est justement la raison pour laquelle on l’appelle le « Père Bâtisseur » en comparaison au 1er président Félix Houphouēt-Boigny connu comme le « Père Fondateur ». Au Cameroun, le Président Paul Biya est à son 8ème mandat. Et ça, personne n’en semble offusqué. Je sais que comparaison n’est pas raison, mais la Constitution lui permet de se représenter. En outre, il jouit encore d’une bonne santé. Alors, je ne comprends pas pourquoi cette candidature suscite tant d’émotions négatives et de protestations. Ou bien serions-nous contre le développement? Si c’est le cas, c’est que nous sommes contre les intérêts de notre propre pays.

L’Enseignant-chercheur Kouamé Rémi OUSSOU

Cette candidature insinue-t-elle qu’il n’y a personne dans le camp présidentiel qui a la même carrure et capable d’assurer la relève ?

Non, ce n’est pas qu’il n’y ait pas d’autre leader au sein de la formation politique présidentielle capable d’assurer la relève. Loin de là, au contraire ! Lors de l’une de ses interventions publiques, le Président Alassane Ouattara a annoncé qu’il comptait dans son camp une bonne douzaine de cadres qui pourraient valablement le remplacer. C’est cette idée qu’il a clairement exprimée dans le discours qui annonçait sa candidature officielle quand il parle de transmission générationnelle. Mais, nous n’en sommes pas encore là. Ce qu’il faudrait retenir, c’est que depuis 2011, le Président Alassane Ouattara a projeté le pays dans une dynamique vertueuse de croissance et de progrès qui ont valu à la Côte d’Ivoire d’être compté parmi les pays à forte croissance aujourd’hui. Alors, il est normal que celui qui est à l’origine de cet exploit veuille poursuivre cette grande œuvre qu’il a entamée, d’autant plus que la loi fondamentale le lui permet. Je ne sais pas si vous le savez, mais en Afrique, on ne parle pas de succession tant que le chef est toujours en vie et que, de surcroît, il est capable d’assumer ses charges. Comme dit le proverbe ‘Quand la tête est là, le genou ne porte pas le chapeau ».

Quelle vision porte votre candidat pour les cinq prochaines années pour la Côte d’Ivoire ?

La vision que le Président Alassane Ouattara porte pour la Côte d’Ivoire a toujours été la même que celle qu’il déploie, depuis presque 15 ans, dans sa stratégie : accélérer la croissance et partager les fruits de cette croissance à travers l’amélioration constante des conditions d’existence et de travail des Ivoiriens, tout en contribuant à resserrer les liens d’entraide et de solidarité entre les Ivoiriens.  Au risque de le répéter, je dirais que la vision du Président Alassane Ouattara pour la Côte d’Ivoire est toujours demeurée la même. En l’occurrence, ce mandat sera placé sous le signe du renforcement et de la consolidation des acquis.

Lors de sa dernière intervention télévisée, pour justifier son acceptation à l’appel pressant de ses militants à se porter candidat à la présidentielle d’octobre 2025, Alassane Ouattara avait évoqué la question sécuritaire. Ça voudrait dire que la Côte d’Ivoire traverse une grave crise sécuritaire à laquelle lui-seul a la solution ?

La problématique sécuritaire a toujours été un sujet de préoccupation majeure depuis le coup d’État de 1999 et la rébellion de 2002. Toutefois, elle s’est intensifiée avec la montée du terrorisme en Afrique de l’Ouest, surtout dans les États de l’Alliance des États du Sahel (A.E.S). On se rappelle encore qu’en 2016, il y a eu l’attaque sanglante de Grand-Bassam. Pour clarifier la pensée du Président Alassane Ouattara, je dirais qu’étant donné que tout progrès et processus de développement reposent sur la paix et la sécurité intérieure et extérieure, il a entièrement raison de lier la décision de sa nouvelle candidature à ce problème qui ne fait que prendre de l’ampleur dans la sous-région. Il faut comprendre que c’est une manière de dire qu’il n’a pas encore achevé sa mission.

L’opposition boude. Une gigantesque marche a été organisée le 09 août 2025 pour dénoncer la candidature du Président Ouattara. Qu’en pensez-vous ?

Depuis quelque temps, l’opposition, y compris une partie de la société civile, a décidé de mettre la pression sur le Président Alassane Ouattara pour un supposé dialogue entre elle et le pouvoir. Alors, ce sont les injures sur injures, incivilités sur incivilités, tout y passe.  Le dernier outil utilisé désormais par l’opposition pour, dit-elle, faire plier le parti au pouvoir, est la marche de protestation. Celle du 09 août dernier a drainé pas mal de monde. En plus des revendications habituelles qu’elle n’a de cesse d’égrener, elle il y a ajouté le refus du 4ème mandat du Président Alassane Ouattara. Il me faut avouer que j’ai vraiment du mal à suivre l’opposition dans sa logique de vouloir faire barrage au mandat du Président Alassane Ouattara par tous les moyens. Comment eux qui, pour la plupart, ont été biffés de la liste électorale définitive par décision de justice veulent empêcher quelqu’un que la Constitution autorise à concourir? Pour le reste, en autorisant cette marche et autres manifestations afférentes, c’est une belle leçon de démocratie que le Président Alassane Ouattara assène à cette opposition qui n’a fait que se plaindre jusqu’ici du déficit de démocratie en Côte d’Ivoire.

L’ancien président Laurent Gbagbo, lors d’un récent meeting a déclaré que son successeur serait allé à l’Élysée et que c’est de son retour qu’il a automatiquement dit « oui » à l’appel de ses militants. Que dites-vous de cela ? Pensez-vous que la France est derrière un 4ème mandat de Alassane Ouattara ?

Je dois avouer que si l’ex-président a dit cela, il doit avoir ses raisons qui, certainement, ont été alimentées par le silence qui a entouré la réception du Président Alassane Ouattara à l’Élysée par le Président français Emmanuel Macron. Je ne suis pas sûr que ce soit le Président Macron qui ait convaincu son homologue ivoirien de se représenter, d’autant que la loi fondamentale le lui autorise. Sinon, à ce train, toutes les décisions majeures que le Président Alassane Ouattara prend seront dictées par la France. Je pencherais plutôt pour la raison d’ordre sanitaire. Le Président Alassane Ouattara devait avoir l’avis de son médecin avant de se prononcer. Je le dis parce que lors de l’annonce de sa décision de rempiler, il a fait comprendre qu’il était encore en forme pour assumer ses charges.

Que font les autorités pour contrer un éventuel soulèvement populaire ou certaines dérives en période électorale, afin d’éviter à la Côte d’Ivoire de végéter dans des événements malheureux post-électoraux comme ceux de 2011?

Je vous comprends, car il est rare que les élections en Afrique soient dénuées de violences. Mais, tout sera mis en œuvre, d’abord, pour qu’il y ait une élection inclusive, transparente et apaisée. Ensuite, toutes dispositions nécessaires seront mises en place pour éviter les débordements. Enfin, toutes les dispositions de sécurité seront déployées pour permettre un scrutin sécurisé. Au-delà, il faudrait souligner la population ivoirienne a compris qu’en dépit de tout, la violence ne sèmera que chaos et désolation, et que le plus important est que la Côte d’Ivoire sous le leadership du Président Alassane a fait des avancées considérables qui ne doivent pas être réduites à néant pour le choix du Président de la République.

Votre mot de fin, s’il vous plaît.

Mon mot de fin est une exhortation que j’adresse à tous les fils et filles de la Côte d’Ivoire pour faire de la paix leur préoccupation majeure, leur crédo, car sans ce facteur tous les acquis et avantages dont nous pouvons nous prévaloir aujourd’hui auront été vains.


Propos recueillis par Joseph-Martin HOUNKPE/Afric’Actualités

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