L’armée de l’air nigériane a mené, ce samedi, 23 août 2025, une opération d’envergure ayant permis de libérer 76 personnes, dont des femmes et des enfants, récemment enlevées par des gangs criminels dans le nord-ouest du pays. Ce raid s’inscrit dans une offensive plus large contre les groupes armés responsables d’une récente attaque sanglante ayant fait une cinquantaine de morts. L’intervention a eu lieu à Pauwa Hill, dans la région de Kankara , État de Katsina , qui est une cible d’une frappe aérienne destinée à neutraliser un chef de gang notoire et ses hommes. Selon un communiqué du commissaire à la sécurité de l’État, Nasir Mu’azu, les forces armées ont pu secourir les otages au cours de cette opération. « Malheureusement, un enfant a perdu la vie au cours de l’intervention », a-t-il précisé.
Cette action fait suite à une attaque perpétrée la semaine précédente contre une mosquée et plusieurs villages alentour, qui avait profondément choqué la population. Les autorités soupçonnent le même groupe armé d’en être l’auteur. Les enlèvements contre rançon se sont multipliés ces dernières années dans les États du nord-ouest et du centre du Nigeria. Ces attaques, souvent menées contre des villages isolés, sont le fait de gangs lourdement armés cherchant à extorquer de l’argent en échange de la libération de leurs victimes. Bien que ces groupes n’aient, en apparence, pas de motivation idéologique, des responsables de la sécurité et des analystes s’inquiètent de leurs liens croissants avec les mouvements jihadistes opérant dans le nord-est du pays, notamment Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP).
Le gouvernement nigérian, confronté à une insécurité généralisée, multiplie les opérations militaires pour tenter de contenir ces menaces, mais la tâche demeure complexe dans un territoire vaste, difficile d’accès et où l’État peine parfois à affirmer son autorité.
Par Joseph-Martin HOUNKPE