La Côte d’Ivoire vit des heures d’attente et d’incertitude. Après une journée de vote marquée par la tension, la Commission électorale indépendante a livré les premières tendances en fin d’après-midi le samedi 25 octobre 2025. Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, président de la CEI, a annoncé un taux de participation provisoire autour de 50 %. « Les premiers chiffres consolidés font état d’une mobilisation d’environ un électeur sur deux », a-t-il précisé. La majorité des 22 000 bureaux de vote ont fermé à 17 heures, sous la surveillance d’observateurs nationaux et internationaux.
Mais au-delà des chiffres, le climat politique reste fragile. La candidature d’Alassane Ouattara pour un quatrième mandat divise profondément le pays. Ses partisans invoquent la Constitution de 2016, qui, selon eux, lui ouvre un nouveau cycle présidentiel. L’opposition dénonce au contraire une manœuvre destinée à maintenir le pouvoir.
Plusieurs figures politiques, dont Laurent Gbagbo et Pascal Affi N’Guessan, ont maintenu leur appel au boycott actif et dénoncent un « hold-up électoral ».Sur le terrain, le calme annoncé n’a pas duré partout. Des incidents isolés ont éclaté dans plusieurs localités. Des barrages ont été érigés à Daoukro et à Yamoussoukro. Des heurts ont également eu lieu. Les autorités affirment qu’aucune victime n’est à déplorer, mais la tension demeure.La participation varie selon les régions. Dans les grands quartiers d’Abidjan, notamment à Abobo et Yopougon, la mobilisation semble plus faible qu’en 2020, où elle atteignait 53,9 %. À l’inverse, les zones rurales du nord, bastion du RHDP, enregistrent des taux supérieurs à 60 %, selon les délégués locaux. La CEI promet transparence et rigueur dans le dépouillement.
Les résultats provisoires sont attendus dans les 48 heures après le scrutin. L’Union africaine et la CEDEAO ont déployé plus de 300 observateurs pour suivre le processus et veiller à la sérénité du climat électoral.Dans les rues d’Abidjan comme dans les villages, les conversations tournent autour d’un seul sujet : les chiffres à venir. Les habitants vivent entre peur et espoir. Beaucoup redoutent une flambée de tensions, d’autres espèrent une issue pacifique.
Par Gabin TOVONON