Conscient qu’il faut trouver de nouvelles sources de financement pour la santé en Afrique, le Directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a proposé des solutions concrètes. C’est lors du Sommet sur la souveraineté sanitaire en Afrique, tenu ce mardi 5 août 2025 à Accra, qu’il a suggéré d’instaurer un «impôt santé» sur des produits comme le tabac, l’alcool et les boissons sucrées. Selon lui, une hausse de 50% du prix de ces produits pourrait rapporter jusqu’à 3 700 milliards de dollars à l’échelle mondiale sur cinq ans. Ces fonds permettraient de renforcer les systèmes de santé, en particulier dans les pays africains, et de sauver des millions de vies.
Selon ses propos, l’Afrique reste pénaliser dans l’actuel système financier mondial. En 2023, le continent a reçu 74 milliards de dollars d’aide internationale. Mais dans le même temps, il a perdu 90 milliards à cause de flux financiers illicites et 55 milliards à cause d’exonérations fiscales accordées aux entreprises. Autrement dit, l’Afrique donne plus qu’elle ne reçoit. Pour lui, il urge donc de replacer la question du financement de la santé dans le contexte économique global. Il appelle à une réforme structurelle des systèmes de gouvernance sanitaire et à un engagement plus fort des États africains dans le financement domestique de la santé publique.
Le sommet d’Accra devrait déboucher sur l’adoption de l’Initiative d’Accra, une feuille de route commune pour améliorer la coordination sanitaire mondiale. Cela permettra d’établir des principes partagés, des objectifs clairs et la volonté d’une transformation profonde des mécanismes existants afin de faciliter le financement de la santé en Afrique.
En fin de son allocution, Tedros a salué les efforts du président ghanéen John Dramani Mahama, qu’il considère comme un acteur clé dans cette refonte car c’est ce dernier qui a soulevé les défis spécifiques auxquels l’Afrique est confrontée.
Pour l’OMS, il ne suffit plus de compter sur l’aide internationale. Il faut que les pays africains mobilisent eux-mêmes leurs propres ressources, et cela passe par une fiscalité adaptée. Taxer les produits nuisibles à la santé est une solution concrète, qui permet à la fois de décourager leur consommation et de financer les soins.
Par Bérenger HOUNHOUEGNON