Gaza : cinq journalistes tués ce lundi, RSF s’inquiète

Plusieurs journalistes tués dans la bande de Gaza

La boucherie humaine continue dans la bande de Gaza. Les journalistes sont de plus en plus la cible. En effet, selon un rapport du Comité pour la protection des journalistes (CPJ), au moins 192 journalistes ont été tués à Gaza depuis le début du conflit entre Israël et Hamas, il y a 22 mois. Seule la journée d’hier, lundi 25 août 2025, cinq journalistes ont été tués. Face à ces statistiques, Reporters Sans Frontières s’inquiète et en appelle aux autorités.

La guerre entre Israël et le Hamas est l’un des conflits les plus meurtriers à conséquence directe sur les journalistes, jamais enregistrés. En effet, ce lundi 25 août, une frappe israélienne sur l’hôpital Nasser, situé à Khan Younis dans le sud de la bande de Gaza, a coûté la vie à cinq hommes des médias, selon les autorités sanitaires locales. Deux missiles ont touché l’établissement médical, tuant au total 19 personnes, d’après Zaher al-Waheidi qui est un responsable des archives au ministère de la Santé de Gaza.Parmi les victimes, on compte Mariam Dagga, 33 ans, journaliste indépendante et photographe. Elle était une collaboratrice régulière de l’agence Associated Press (AP) et d’autres médias internationaux. L’AP s’est dit « choquée et attristée » par sa mort et a salué son engagement à documenter la guerre, notamment les efforts des médecins pour sauver les enfants de la famine. Son fils de 13 ans avait été évacué au début du conflit.

Par ailleurs, les chaînes Al Jazeera et Reuters ont également confirmé la perte de leurs journalistes. Il s’agit de Mohammed Salam pour Al Jazeera, et Hussam al-Masri qui est un un caméraman en freelance pour Reuters, alors que Hatem Khaled, photographe pigiste, a été grièvement blessé. L’identité des deux autres journalistes n’a été rendue publique.  L’armée israélienne a reconnu avoir mené une frappe dans la zone de l’hôpital. Elle a ajouté qu’une enquête serait ouverte. Elle affirme ne pas cibler intentionnellement les journalistes et « regrette tout préjudice causé à des personnes non impliquées ».

La liberté de la presse a pris un coup !

Pour Reporters sans frontières (RSF), la situation est alarmante. Le Directeur général de l’organisation, Thibaut Bruttin, dénonce un « recul sans précédent pour la sécurité des journalistes » et accuse l’armée israélienne d’attaques ciblées en plus des frappes aveugles. «Tout est mis en œuvre pour faire taire les voix indépendantes qui rendent compte de la réalité à Gaza », a-t-il lancé. Il faut noter qu’Israël a souvent mis en cause les affiliations de journalistes palestiniens avec des groupes militants, comme dans le cas du reporter d’Al Jazeera Anas al-Sharif, tué au début du mois. Tsahal affirme qu’il dirigeait une cellule du Hamas, une accusation rejetée par la chaîne et le journaliste avant sa mort.

Un accès très restreint pour les médias internationaux

Israël interdit l’entrée à la bande de Gaza aux journalistes étrangers, à l’exception de rares visites sous contrôle militaire. En conséquence, la couverture médiatique repose quasi exclusivement sur les journalistes palestiniens sur le terrain qui subissent les mêmes conditions de vie que la population, telles que la pénurie de nourriture, le manque de soins, et les bombardements quotidiens. Paix aux âmes de ces journalistes tombés sur leurs lieux de travail.


Par Jean Akuesson

 

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