Le Togo et le Bénin renforcent leur coopération autour du bassin du fleuve Mono pour transformer cette ressource naturelle partagée en un véritable levier de développement durable. Lancé en janvier 2025, le projet Initiative Régionale pour l’Eau et l’Environnement dans le bassin Transfrontalier du Fleuve Mono (IREE-Mono), financé à hauteur de 5 millions de dollars par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), vise une gestion concertée et intégrée de cet écosystème stratégique sur une période de 48 mois.
Long de 530 km, le fleuve Mono alimente un bassin de 24 300 km² et près de 4 millions de personnes. Il constitue une ressource essentielle pour l’agriculture, la pêche, l’énergie hydroélectrique et la préservation de la biodiversité. Cependant, il est aujourd’hui exposé à de nombreuses pressions : changement climatique, pollution, dégradation des terres et insécurité hydrique. C’est dans ce contexte que s’est tenue, à Lomé du 29 septembre au 1er octobre 2025, une réunion de travail d’experts, autorités locales et partenaires techniques des deux pays. L’objectif est de jeter les bases d’une gouvernance durable du bassin.
Trois outils validés pour encadrer l’action
Au terme des discussions, trois instruments clés ont été validés un dispositif de suivi-évaluation, un mécanisme de coordination et une stratégie genre 2025-2030. Selon Dadja Gnakpaou, directeur exécutif de l’Autorité du bassin du Mono (ABM), le dispositif de suivi-évaluation permettra « d’améliorer la performance, de mesurer les progrès, d’identifier les faiblesses et de capitaliser les bonnes pratiques ». Il souligne également que la faible exploitation des ressources en eau, la dégradation de l’environnement et le manque de connaissances sur le bassin constituent des défis majeurs à relever.
La dimension genre occupe une place centrale dans cette initiative. Pour Yawo Ewoenam Zegue, secrétaire général du ministère togolais de l’Eau et de l’Assainissement, « l’intégration du genre n’est pas un simple ajout, mais une condition sine qua non de durabilité ». La stratégie adoptée vise à corriger les déséquilibres qui freinent la participation des femmes et des jeunes, pourtant acteurs clés des secteurs liés à l’eau et à l’agriculture.
Par ailleurs, au-delà de sa dimension environnementale, le projet IREE-Mono s’inscrit dans une logique de renforcement de la coopération économique entre le Togo et le Bénin. À terme, il ambitionne de générer des retombées concrètes : augmentation de la productivité agricole, préservation des écosystèmes halieutiques, amélioration de la résilience des communautés rurales.