Chine:  les ouvriers de Fast Fashion sous-payés, dénoncent leurs conditions de travail 

Les ouvriers de Fast Fashion boudent

L’industrie textile mondiale, la ville de Guangzhou en Chine, vit une crise sociale et économique silencieuse mais profonde. Derrière les prix cassés des vêtements à la mode rapide se cachent des réalités de travail éprouvantes pour des milliers d’ouvriers chinois, qui dénoncent des cadences infernales et une rémunération dérisoire. En effet, dans les usines textiles de la ville, où sont fabriqués les produits de grandes marques de  Fast Fashion  comme Shein, les journées de travail atteignent régulièrement 14 heures. Ces ouvriers, souvent migrants venus des campagnes, ne gagnent que 1 à 2 yuans par pièce cousue, soit environ 14 à 28 centimes de dollar. Pour espérer gagner l’équivalent de 3,50 dollars de l’heure, ils doivent assembler une douzaine de t-shirts en 60 minutes, sans pause réelle. « Nous gagnons si peu. Le coût de la vie est très élevé », s’est confié un ouvrier à la BBC. Ces salaires, calculés à la pièce, laissent peu de marge pour une vie décente. Les logements insalubres et les repas pris sur le lieu de travail sont devenus la norme pour une grande partie de ces travailleurs. La situation s’est aggravée depuis le durcissement de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine. Selon le Sydney Morning Herald, les tensions diplomatiques ont entraîné une baisse des commandes internationales, la fermeture de nombreuses usines, et une insécurité croissante pour les ouvriers comme pour les chefs d’entreprise locaux. Ding Wenfan, habitant de la région, constate : « Les marges diminuent, les modèles sont plus complexes, et il n’y a plus de bénéfices. Beaucoup d’usines ont mis la clé sous la porte ces derniers mois. »

Quant à Wu Bin, un propriétaire d’une petite usine à Guangzhou, il a vu les commandes mensuelles de Shein passer de 15 000 pièces à quelques milliers à peine. « La demande a chuté, et pourtant les attentes en termes de qualité et de délai n’ont jamais été aussi élevées »,,a-t-il fait savoir. Résultat : les conditions de travail déjà difficiles se durcissent, et les salaires stagnent, voire diminuent.Cette réalité remet en cause l’image dynamique et accessible de la mode rapide, qui séduit des millions de consommateurs à travers le monde par ses collections renouvelées à un rythme effréné. Les plateformes de vente en ligne, qui profitent de ces chaînes de production ultra-rapides, sont muettes face aux accusations répétées de sous-traitance abusive et de violation des droits du travail. Les défenseurs des droits humains appellent à une plus grande transparence des marques et à la mise en place de conditions de travail dignes dans les pays producteurs. Mais en attendant une réforme du secteur, les ouvriers de Guangzhou continuent de coudre, heure après heure, vêtement après vêtement, dans l’ombre de la mondialisation.


Par Issifou Mohamed

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