Lors d’un grand entretien accordé à la presse le 2 avril 2026, le président de transition Burkinabé Ibrahim Traoré a tenu des propos sans équivoque sur l’avenir institutionnel du pays. Face aux journalistes, le chef de l’État a affirmé que les élections ne constituent pas une priorité immédiate.
Dans une déclaration marquée par sa radicalité, Ibrahim Traoré a appelé les Burkinabè à « oublier la question de la démocratie ». Il a rejeté le modèle démocratique tel qu’il est promu par certaines puissances étrangères, qu’il a qualifié de « forme d’esclavage ». Le dirigeant burkinabè a insisté sur la nécessité de tracer une voie propre, adaptée aux réalités du pays et affranchie des standards imposés de l’extérieur.
Depuis son arrivée au pouvoir à la suite du coup d’État de septembre 2022 au Burkina Faso, Ibrahim Traoré place la sécurité au cœur de son action. Le pays reste confronté à une insécurité persistante liée aux attaques de groupes armés. Dans ce contexte, les autorités de transition défendent une stratégie axée sur la reconquête du territoire et le renforcement de l’appareil militaire, au détriment d’un calendrier électoral jugé prématuré.
Par Gabin TOVONON