Saïf al-Islam Kadhafi, fils de l’ancien dirigeant Mouammar Kadhafi est mort. Selon plusieurs sources concordantes, il a été assassiné dans sa résidence située près de Zintane, à environ 160 kilomètres au sud-ouest de Tripoli. Cet événement pourrait aggraver davantage la crise politique et sécuritaire qui frappe le pays depuis plus de quinze ans.
Les premières informations, largement relayées sur la plateforme X et par des médias libyens, évoquent une opération ciblée et préméditée. Selon ces récits, quatre hommes armés auraient pénétré dans le jardin de la résidence de Saïf al-Islam avant de l’abattre à bout portant, puis de prendre la fuite. Les caméras de surveillance auraient été neutralisées au préalable, laissant supposer une planification minutieuse.
D’autres sources, notamment en langue arabe, avancent une version différente. Elles affirment que Saïf al-Islam aurait trouvé la mort lors d’affrontements armés dans la région de Hamada, impliquant des forces liées au Gouvernement d’union nationale (GUN). Son compagnon, Ajami al-Ateiri, aurait été blessé lors de l’attaque.
La mort de Saïf al-Islam a été confirmée par son avocat, Khaled al-Zaidi, ainsi que par son conseiller Abdullah Osman et des membres de la famille Kadhafi. Des chaînes régionales, dont Al-Ahrar TV et Al Arabiya, ont également relayé l’information. Le bureau du procureur général libyen a annoncé l’ouverture d’une enquête afin d’établir les circonstances exactes de l’assassinat.
Rapidement mise en cause sur les réseaux sociaux, la brigade de combat 444, réputée proche du gouvernement de Tripoli, a nié toute implication. Les spéculations restent toutefois nombreuses, certains et pointent du doigt des milices rivales liées au maréchal Khalifa Haftar, tandis que d’autres évoquent l’éventuelle implication d’acteurs étrangers. Des publications en français mentionnent notamment la brigade 142 comme possible responsable, sans qu’aucune preuve ne vienne étayer ces accusations.
Âgé de 53 ans, Saïf al-Islam Kadhafi était longtemps considéré comme l’héritier politique de son père. Formé en Occident, il avait joué un rôle clé dans les réformes économiques et diplomatiques de la Libye avant la chute du régime. Capturé en 2011 par des milices de Zintane, il avait été libéré en 2017, malgré un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité.
Rappelons que ces dernières années, il tentait de revenir sur la scène politique. Il affichait notamment des ambitions présidentielles lors de scrutins qui ont été finalement annulés. Sa mort intervient dans un contexte de fortes tensions, alors que le pays reste divisé entre factions rivales. Déjà, plusieurs observateurs estiment que cet assassinat pourrait raviver les fractures, en particulier dans les régions et tribus restées fidèles à l’ancien régime.
Les conséquences de cet assassinat pourraient être lourdes avec la reprise des violences entre milices, affaiblissement des efforts de réconciliation nationale et le regain d’attention internationale sur l’instabilité persistante du pays. En l’absence de communication officielle détaillée des autorités, les rumeurs continuent de circuler. Ce qui illustre le vide sécuritaire et institutionnel qui perdure depuis 2011 dans ce pays.