‎Tentative de coup d’État au Bénin: Retour sur le déroulé d’une journée de tension

Coup d'État déjoué

‎Dans la nuit du samedi 06 au dimanche 07 décembre 2025, le Bénin a enregistré un nouvel épisode de son histoire politique. Un groupe de soldats issus principalement de la base militaire de Togbin a mené une tentative de coup d’État. Leur objectif était de renverser le Président Patrice Talon, prendre le contrôle des institutions et remettre en cause l’ordre constitutionnel.

‎Le scénario du film…
‎Tout a commencé vers 02 heures du matin. Les mutins se sont rendus au domicile du général Bertin Bada, directeur du cabinet militaire du président. Le général a réussi à s’échapper mais son épouse est mortellement blessée lors de l’attaque. Dans la foulée, le colonel Faïzou Gomina, commandant de la base de Togbin s’est rendu sur place pour servir de renfort. Ila été capturé et fait otage par les mutins. Presque au même moment, une autre équipe s’est dirigé vers la résidence du général Abou Issa, chef d’état-major de l’armée de terre. Malgré une forte résistance, il est capturé par un groupe présenté comme un renfort. Les mutins, désormais armés et équipés de blindés, ont quitté la base de Togbin et se sont dirigés vers la résidence présidentielle. Aux alentours de 05 heures du matin, ils ont atterri devant le domicile du chef de l’État. La Garde républicaine, déjà en alerte, les attendait. Un affrontement violent s’est éclaté. Le président Talon, selon plusieurs sources, aurait vécu ces moments aux côtés de ses gardes. Des pertes sont enregistrées des deux côtés. Débordés, les mutins ont dû battre en retraite. Ils se sont dirigés ensuite vers la Télévision nationale, qu’ils parviennent à contrôler facilement. C’est à ce moment qu’ils ont diffusé leur message de changement de régime. Peu de temps après, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Allassane Seidou est apparu en direct à la télévision nationale. Il a rassuré la population et affirmé que la situation est sous contrôle et appelé au calme. Dans la soirée, c’est le président Patrice Talon lui-même qui prend la parole à la télévision. Il a fermement condamné la tentative de coup d’État, rendu hommage aux victimes, et félicité les forces de défense pour leur loyauté. Il a également remercié le peuple béninois pour son sang-froid et son attachement à la démocratie. Pendant ce temps, les mutins ont tenté d’ouvrir d’autres fronts, notamment à la base de Togbin, où ils disposaient encore de blindés. L’armée républicaine a encerclé la zone et s’était préparée à lancer un assaut. Pour éviter des pertes civiles dans cette zone résidentielle, le président a opter pour des frappes aériennes.

‎Dans le cadre de la coopération sous-régionale avec la CEDEAO, le Nigéria a apporté son aide. Son aviation a mené en fin de journée des frappes qui ont neutralisé plusieurs engins blindés sans faire de victimes. Une force nigériane était également déployée pour soutenir l’armée béninoise qui a repris la base de Togbin. Une unité spéciale venue de Côte d’Ivoire était également positionnée à Cotonou.

‎Ce lundi matin, les généraux Abou Issa et Faïzou Gomina sont retrouvés vivants à Tchaourou, où les mutins les avaient emmenés. Dans l’après midi, un Conseil des ministres extraordinaire est convoqué. Le président Talon y a réaffirmé la fermeté de l’État face à toute tentative de déstabilisation. Une minute de silence a été observée pour les victimes notamment pour Mme Bada qui a succombé à ses blessures. Des enquêtes sont ordonnées pour identifier les auteurs et les commanditaires de cette tentative. L’État s’est engagé à réparer les dégâts, y compris ceux subis par les civils. Par la même occasion, le président a félicité les forces armées pour leur professionnalisme et leur fidélité à la République. Il a aussi remercié les pays de la CEDEAO, en particulier le Nigeria et la Côte d’Ivoire, pour leur solidarité. Il appelle enfin les béninois à l’unité et à la vigilance, afin que de tels événements ne se reproduisent plus jamais.

‎Cette journée du dimanche 07 décembre 2025 restera gravée dans la mémoire collective comme un jour sombre, mais aussi comme celui où la démocratie béninoise a résisté à une tentative de prise de pouvoir par la force.


Par Bérenger HOUNHOUEGNON

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