Gaani 2025 à Nikki: entre mémoire, spiritualité et unité culturelle

Gaani 2025 célébrée avec faste

La ville de Nikki a vibré ce samedi, 06 septembre2025, au rythme de la Gaani. Une tradition pluriséculaire qui, une fois encore, a rassemblé des milliers de visiteurs venus du Bénin, du Nigeria, du Togo et d’ailleurs. Pour la première fois, les festivités se sont déroulées dans le tout nouveau Palais Royal et son arène majestueuse construits par le Gouvernement du président Patrice Talon

Parade à cheval

Plus qu’un simple événement festif, la Gaani est une manifestation culturelle profondément ancrée dans l’histoire, la spiritualité et la structure politique des Baatonu au Bénin. Transmise de génération en génération, cette fête est le reflet de l’unité, la solidarité intergénérationnelle et le lien indéfectible entre les vivants et les ancêtres. A l’occasion de cette l’édition 2025 de la Gaani à Nikki, ce sont les voix de l’histoire qui résonnent au son des tambours sacrés, dans une ambiance empreinte de ferveur et de recueillement. Cette tradition n’est pas un simple événement. Lors d’un colloque tenu en marge de l’événement, tenu le vendredi 05 septembre 2025, le professeur Léon Bani Bio Bigou a tenu à clarifier une confusion persistante. « La Gaani n’est pas une fête musulmane. Elle est plutôt une manifestation culturelle ancestrale du peuple Baatonu, liée à leur histoire spirituelle, politique et identitaire. », a-t-il précisé. Le conférencier principal a expliqué que la coïncidence des dates avec celles de la naissance et de la mort du prophète Mahomet a pu induire en erreur, mais que la Gaani reste avant tout un hommage à ceux qui ont résisté à l’imposition de nouvelles croyances religieuses.

Gaani, un carrefour de l’art, de la foi et de l’histoire
Bachirou Sariki, Secrétaire général du palais royal, a, pour sa part, mis en lumière la richesse patrimoniale de la Gaani : danses rituelles, chants traditionnels, tenues d’apparat, rites initiatiques (comme le rasage des princes Ouassangari) et cultes aux divinités et aux ancêtres. « La Gaani est un festival total. Elle incarne l’art de vivre Baatonu et célèbre la laïcité culturelle où chaque croyance trouve sa place », a-t-il souligné. Le parcours du Sinaboko, roi de Nikki, incarne cette ouverture spirituelle. Il débute par une visite chez l’Imam pour une prière musulmane, avant de poursuivre vers les sanctuaires traditionnels, illustrant la coexistence pacifique des croyances dans le royaume.
Par ailleurs, conformément à la tradition, la Gaani de la Yon Kogui, branche féminine de la dynastie impériale, se tiendra le 13 septembre. Elle mettra à l’honneur les figures féminines de la royauté, ajoutant une nouvelle dimension à ce mois de célébrations. L’édition 2025 de la Gaani aura marqué les esprits par sa ferveur populaire, ses fastes royaux et la richesse de son contenu culturel. Elle s’impose une fois de plus comme un pilier du patrimoine immatériel béninois et un symbole fort d’identité pour toute l’Afrique de l’Ouest.

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