La guerre en Ukraine pourrait prendre une nouvelle tournure dans les prochaines semaines. Réunis jeudi, 03 septembre 2025, à Paris dans le cadre du sommet de la Coalition des volontaires, vingt-six pays, principalement européens, ont formellement pris l’engagement de soutenir militairement l’Ukraine, tant au sol, en mer que dans les airs. Et ceci, une fois qu’un cessez-le-feu entrera en vigueur. Mais cette initiative a été immédiatement rejetée par le Kremlin, qui a exclu toute garantie militaire occidentale à Kiev.
Co-dirigé par le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer, le sommet a marqué une étape politique majeure dans le soutien occidental à l’Ukraine. En effet, à l’issue de la rencontre, le président Emmanuel Macron a précisé que ce déploiement futur ne viserait pas à “mener quelque guerre contre la Russie”, mais à “dissuader toute nouvelle agression”. Le chef de l’État a déclaré que le déploiement militaire serait activé “le jour où le conflit s’arrête”, que ce soit par un cessez-le-feu, un armistice ou un traité de paix. Toutefois, il a refusé de détailler la nature exacte des contributions, insistant sur la nécessité de garder certains éléments confidentiels.
Différents soutiens au sein des 26 pays
Si la France a insisté sur l’unité européenne, les positions divergent sur la forme que prendra cet engagement de chaque Etat. L’Italie, par la voix de sa Première ministre Giorgia Meloni, a d’ores et déjà écarté l’envoi de troupes en Ukraine. L’Allemagne, de son côté, prévoit de renforcer la défense antiaérienne ukrainienne et de fournir un soutien matériel aux forces terrestres. Parmi les principaux contributeurs évoqués figurent l’Allemagne, l’Italie et la Pologne, trois piliers de l’Union européenne qui conditionnent cependant leur participation à un engagement fort des États-Unis, présenté comme un “filet de sécurité”.
Par ailleurs, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a eu lors du sommet, un échange téléphonique avec le président américain Donald Trump, au cours duquel ont été abordées de nouvelles sanctions contre Moscou ainsi que la protection du ciel ukrainien. Au cours d’une conférence de presse commune, Zelensky a réaffirmé compter sur le backstop américain. Emmanuel Macron a, lui, assuré que le soutien des États-Unis serait confirmé “dans les prochains jours”, ajoutant que Washington avait été “très clair” sur sa participation. Il faut noter qu’un émissaire de Donald Trump, Steve Witkoff, était d’ailleurs présent au palais de l’Élysée pendant le sommet.
La Russie remet en cause l’initiative
Le Kremlin a promptement réagi à cette initiative. Dans la matinée de ce vendredi, 05 septembre 2025, le porte-parole Dmitri Peskov a fermement rejeté l’idée que des contingents étrangers puissent garantir la sécurité de l’Ukraine. “Absolument pas, ils ne le peuvent pas”, a-t-il déclaré en soulignant que la Russie devait elle aussi bénéficier de garanties sécuritaires. De son côté, le président Vladimir Poutine a clairement confié qu’au cas où il y aura des forces étrangères en Ukraine alors que les frappes russes continuent, elle seront considérées comme des cibles légitimes.
Le sommet a également été l’occasion pour les Européens de rappeler leur volonté d’intensifier la pression sur Vladimir Poutine. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a appelé à une réponse plus ferme face aux “attaques scandaleuses” menées par la Russie.
0